Services Écologiques

Pourquoi s’intéresser aux Services Écologiques (ou Services Écosystémiques) ?

Avant toute autre chose, commençons par la définition d’un écosystème : « On entend par « écosystème » un complexe dynamique formé de communautés de plantes, d’animaux et de micro-organismes et de leur environnement non vivant qui, par leur interaction, forment une unité fonctionnelle » (CDB, 2004).
Les Nations Unies, plus précisément dans le Rapport sur l’évaluation des écosystèmes (MEA, 2005), définissent les services écologiques comme les « biens et services que les hommes peuvent tirer des écosystèmes, directement ou indirectement, pour assurer leur bien-être ».
En partant de cette définition, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) précise que les services écologiques « se rapportent […] à des impacts positifs des écosystèmes sur le bien-être humain » (UICN, 2012).

Pour saisir toutes les nuances des services écologiques, l’UICN les classe en 4 catégories principales :

  • Les services de support :
    Production primaire, Cycle de l’eau, Cycle des éléments nutritifs, etc.
  • Les services de régulation :
    Production secondaire, Pollinisation, régulation des espèces nuisibles, Purification de l’eau, Ressources génétiques, etc.
  • Les services d’approvisionnement et de prélèvement :
    Alimentation, Eau douce, Bois de construction, etc.
  • Les services culturels :
    Tourisme, Enrichissement spirituel, Sentiment d’appartenance, etc.

« L’impact des activités humaines sur les écosystèmes se répercute sur les fonctionnalités, et donc sur les services écologiques rendus. » – (UICN, 2012)

Quelles sont les menaces ?

L’Homme influence les écosystèmes, de manière directe, notamment par l’étalement urbain, le changement climatique, les pratiques agricoles intensives, etc. Les services écologiques sont également altérés par des facteurs indirects qui mélangent plusieurs facteurs directs (démographie, économie, etc).

La dégradation des écosystèmes augmente le risque de changements abrupts et irréversibles dans notre environnement, tels que l’émergence de nouvelles maladies, la dégradation de la qualité de l’eau, la création de « zone morte » dans les zones maritimes côtières, l’effondrement de la pêche ou encore des changements climatiques régionaux abrupts.

Finalement, ces changements vont affecter les populations de manière inégale sur la planète et disproportionnée pour les plus pauvres, contribuant à l’accentuation des inégalités et disparités qui sont souvent des facteurs principaux de l’augmentation de la pauvreté et des conflits sociaux (MEA, 2005).

Notre action

Alors que 60 % de ces services sont actuellement menacés par les activités humaines (MEA, 2005), il nous semble primordial de mettre en évidence l’intérêt majeur que représente la préservation de la fonctionnalité des écosystèmes. La notion de service écologique implique que l’humain soit au centre de cette réflexion, et les initiatives locales pour leur préservation et leur conservation sont nombreuses. Cependant, elles manquent souvent d’échos dans les médias, qui intrinsèquement ne touchent pas suffisamment les populations qui pourraient en avoir l’utilité.

Nous souhaitons par conséquent rencontrer et mettre en valeur les différents acteurs impliqués dans le maintien de ces équilibres : aussi bien le paysan que le chercheur tout en passant par les institutions publiques et les associations.

A savoir ! (en quelques chiffres)

On estime à 153 000 000 000€ la contribution des pollinisateurs à l’agriculture mondiale. En Bretagne, l’altération des services écologiques liée au naufrage de l’Erika en 1999 a entrainé près de 1 000 000 000€ de pertes économiques.
On comprend vite, au delà de « l’idéologie écologiste », l’intérêt de préserver ces services.

Légende image : Étude de l’impact des changements climatiques sur la qualité du bois