Une nuit dans le Morvan avec Cinécyclo

 

Vendredi 17 juillet, il est bientôt 22h00. Tendu aux fines branches des frênes et hêtres environnants, l’écran s’illumine et prend vie. Dans une petite clairière au coeur de la forêt du Morvan, à quelques encablures de Saint-Léger – Vauban, Cinécyclo a jeté l’ancre et déployé sa toile. Saint-Léger, lieu de naissance de l’illustre ingénieur militaire Vauban, mais ici point de forteresse imprenable, juste bocages et pâturages. Et la forêt profonde, mystérieuse, un décor unique, vivant, qui s’anime progressivement au rythme de ses habitants nocturnes. Au programme ce soir, “la nature indomptable”, vaste programme où se côtoient humour, poésie, émerveillements et découvertes …

 

C’est la quatrième projection de la tournée Morvan 2020. Avant d’en arriver là il a fallu faire face à de nombreux questionnements et de périodes de doute. Mais le désir de cinéma et de rencontres, la volonté de renouer avec la vie à vélo ont eu raison des craintes et des peurs et ont trouvé échos dans le soutien et la confiance de nos partenaires. Puis il a fallu revoir le déroulement et l’organisation de cette tournée dans ce contexte inédit de pandémie, en deux mots : rassurer et assurer.

Le matériel dans une sacoche, les films dans l’autre, la bonne humeur sur le porte bagage et l’équipe a pris la route avec Lucille en cheffe d’expé… Et nous ne sous sommes pas trompés : le public est là, attentif, joueur, curieux.

Assis dans cette petite clairière, avec fauteuils, nattes ou plaids, chacun est venu avec son matériel et son envie de cinéma et de partage. Les plis de la toile donnent tout à coup un relief étonnant au manteau glacier de la banquise dans le film “Arctique” de Vincent Munier. Puis la hulotte répond au brame du cerf dans “La nuit du cerf” également de V. Munier. L’instant est magique, suspendu… nous sommes dans le film.

Parmi les spectateurs, Géraldine, représentante de la Fondation Nicolas Hulot qui finance et soutien cette tournée Morvan 2020. Nous avons fait le voyage ce matin même depuis Dijon, revenant sur l’histoire et le projet Cinécyclo, sur la pertinence de cette action dans le contexte actuel. Pour elle, la justification de ce soutien se trouve là, au milieu de cette clairière, avec l’équipe de bénévoles qui installe le matériel, les films qui se succèdent dans le bruissement de la forêt, le ronronnement de la génératrice et les personnes, adultes et enfants, qui font la queue pour monter sur les vélos, pédaler et participer eux aussi à cette soirée. Elle observe, discute avec l’équipe, interviewe une famille à l’issue de la projection.

Car demain l’aventure continue. Peu à peu le ciel se dégage, la voûte céleste apparaît, illuminant la nuit et c’est les yeux remplis d’étoiles que nous regagnons nos tentes et nos duvets.

P.M.